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L'Historique complet :
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L'Histoire du vélo s’est arrêtée en 1888 :
L’idée d’écrire ces lignes me trotte dans la tête depuis de long mois, mais c’est la lecture d’un texte qui porte le même titre que ces lignes qui a été vraiment le déclencheur... Le vélo moderne est apparemment né en 1888, il y a plus d’un siècle... Et depuis, il n’a que très peu évolué...
 
Pourtant, le vélo aurait eu une formidable occasion d’évoluer, en 1934... Il s’en est fallu d’une décision de l’Union cycliste internationale... Une décision commerciale... Etonnant, non ? C’est pourtant la stricte vérité... Sans cette décision, les vélos ne seraient certainement pas les mêmes aujourd’hui... Mais lisez d’abord ce texte sur l’histoire du vélo, écrit par l'association des cycliste de Montreuil, et je vous expliquerai après quelle décision l’U.C.I. a prise en 1934, et pourquoi elle a ainsi figé les vélos dans leur forme actuelle...
Texte de l’association de cyclistes urbains de Montreuil (Seine Saint Denis - France).
l’invention du vélo. Invention en trois étapes et dont l’histoire a été marquée par un gros mensonge frappé au coin du chauvinisme. De ce mensonge, nous parlerons la prochaine fois.
La " vérité vraie ", on la doit en particulier (mais pas uniquement) au travail méticuleux mené par un japonais, Keizo Kobayashi, et relaté dans son livre paru en 1993.
Or donc, c’est sur les bords du Rhin, dans le grand-duché de Bade, que le baron allemand Carl von Drais eut l’idée en 1817, de construire un engin à deux roues en ligne avec une articulation pour faire pivoter la roue avant. Il avance grâce au patinage du pilote qui le chevauche en position " debout-assis ". Appelée Laufmaschine en Allemagne, Velocipede en Grande-Bretagne, elle sera la Draisienne en France.
L’invention avait eu l’immense mérite de montrer qu’un solide peut trouver un équilibre stable avec seulement deux points de contact au sol, à condition de rouler. Mais sa médiocre efficacité l’aurait  conduit à un déclin inéluctable si un français " serrurier en voitures à façon ", Pierre Michaux et son fils Ernest, n’avait eu l’idée, un jour qu’on lui avait apporté une draisienne en réparation, d’installer une paire de pédales sur l’axe de la roue avant. Nous sommes en 1861, dans son atelier parisien. Beaucoup plus efficace, le vélocipède connaît un succès immédiat. A la fin du Second Empire, de nombreuses courses étaient organisées un peu partout en France. Après 1870, l’Angleterre devient le principal centre de production. Le vélocipède est amélioré ; c’est l’époque du " grand-bi" : 
 
                                                                                                                                                                                                      
 pour aller plus vite, on agrandit la roue avant ! Enfin, en 1879 avec Lawson et en 1884 avec James Starley, la bicyclette moderne apparaît avec la mise au point de la transmission de la rotation des pédales à la roue arrière. Dunlop apportera le confort indispensable avec l’invention du pneumatique en 1888.
Quel plus bel emblème pour une Europe meurtrie par tant de conflits que cette machine pacifique, fruit de l’imagination d’un allemand, d’un français et d’un anglais ?
 
1888, le vélo moderne est né :
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Le succès est immédiat et, partie d’Angleterre, la production s’étend à toute l’Europe occidentale et aux Etats-Unis.
 
A peine trois ans plus tard, le français Baudry de Saunier publie son Histoire générale de la vélocipédie. Personne ne s’était préoccupé, avant ce journaliste parisien, des origines du nouvel engin. Le début du siècle et ses draisiennes sont déjà loin et les historiens professionnels peu préoccupés par les travaux approximatifs de leur élève passionné par le vélo. Sans risques d’être démenti, notre homme affirme donc que le premier à avoir engagé le processus conduisant à la bicyclette est le français de Sivrac. Son invention, le " célérifère ", daterait de 1790 et serait une espèce de draisienne dont la roue avant ne serait pas articulée. Le seul mérite du baron allemand Carl von Drais aurait été, en 1817, de permettre à l’engin de tourner !
Nous sommes en plein chauvinisme germanophobe : la guerre de 1870 est encore dans toutes les mémoires, la France ne pense qu’à la revanche pour récupérer l’Alsace et la Lorraine ; quant au deuxième Reich, il affirme son militarisme sous la férule prussienne.
En 1893, une statue à la mémoire de Carl von Drais est inaugurée à Karlsruhe... pour faire bonne mesure, le Conseil municipal de Bar-le-Duc décide le 11 mars de la même année d’élever un monument à la gloire de Pierre Michaux et parle dans sa délibération de " devoir patriotique ".
Personne ne demande donc à Baudry de Saunier d’où sort son célérifère et sur quels documents il s’appuie. Le vélo sera une invention française à l’ouest du Rhin, allemande à l’est !
Ce mensonge aura la vie dure puisqu’il faut attendre 1950 et les recherches d’un universitaire canadien pour que le mythe commence à être ébranlé ; des travaux ultérieurs confirmèrent qu’un certain Jean-Henri Sievrac déposa un brevet le 4 juin 1817 pour un célérifère, voiture légère à deux roues tirée par un cheval.
Il n’y a, aujourd’hui, plus de doute sur les origines du vélo et pourtant des ouvrages grand-public récents, édités à la hâte, reprennent la fable des excentriques du Directoire chevauchant le célérifère que des millions d’écoliers ont pu voir dans leurs livres d’histoire..
 
 
 
Etonnant, de constater que l’histoire du vélo s’arrête en 1888... Que s’est il passé après... Pas grand-chose, il faut bien le reconnaître... Le vélo a tout simplement cessé d’évoluer... A part dans le choix et la qualité des matériaux utilisés à sa fabrication... La forme est restée la même... Strictement identique... Mais lisez plutôt ce qui suit…
 
Charles Mochet :
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Peu avant la première guerre mondiale, Charles Mochet, un français constructeur de voitures légères et sa femme pensent que le vélo est trop dangereux pour leur fils Georges. Ils décident alors de construire pour lui un véhicule à pédales léger à 4 roues. Mais ils ne se doutent pas du tout de ce qu’il va en advenir... En fait, l’engin se montre très rapide, et le petit Georges Mochet était ravi de pouvoir dépasser ses camarades à vélo.
 
Peu à peu, grâce au petit Georges Mochet, on s’intéresse à ce véhicule. La demande grandit même de telle façon que Charles Mochet cesse la production des voitures légères pour se consacrer entièrement aux véhicules à pédales. Il construit un véhicule à deux sièges pour adultes qu’il nomme la " Vélocar ". L’engin est confortable, doté d’un coffre, et d’un léger carénage. A la fin de la première guerre mondiale, les gens ne sont pas riches, et l’achat d’une voiture automobile est un rêve inaccessible pour bien des français. A l’inverse, la " Vélocar " de Charles Mochet est bon marché. Ce qui favorise grandement sa diffusion.
 
En pratique, les " Vélocar " sont très rapides... On les utilise alors comme Pace-car dans les courses cyclistes. C’est là qu’elle montrent leur limites. A haute vitesse, elle deviennent instables, particulièrement dans les courbes où elles ont une fâcheuse tendance à se renverser.
 
Charles Mochet essaye de construire une Vélocar à 3 roues, mais sa tendance au renversement dans les virages est même pire.
 
En 1930, Mochet construit son premier vélo couché
Tout naturellement, il décide alors de couper en deux une " Vélocar " à 4 roues, et d’en faire un véhicules à deux roues. Le vélo couché est né...
 
Très vite, Charles Mochet cherche à engager son vélo couché en compétition. Il s’adresse d’abord à un cycliste renommé, Henri Lemoine, qui est séduit par son confort, et sa maniabilité. Mais, probablement par peur du ridicule, il refuse de s’engager dans des courses aux commandes de l’engin. Charles Mochet, contacte alors Francis Faure, un autre coureur cycliste moins renommé, mais qui accepte de courir avec le Vélo couché de Mochet... Au départ de la première course, les autres coureurs lui disent : "  Et Faure, tu dois être fatigué, pour te coucher pendant la course... Mais il déchantent rapidement, car Francis Faure gagne l’épreuve haut la main.
 
Il s’ensuit une foule d’autres victoires, sur route et sur piste. Francis Faure est imbattable. Il gagne même des courses contre des groupes de 4 coureurs qui se relayent devant pour profiter de l’aspiration. On est en 1933.
 
Naturellement, Faure et Mochet tentent de battre le record de l’heure. Le plus fameux de tous. Il est détenu depuis près de 20 ans par le Suisse Oscar Egg avec 44,247 km. Le 7 juillet 1933, ce vieux record tombe. Francis Faure sur son vélo couché parcoure 45,055 km en soixante minutes.
 
La Polémique :
Les médias s’intéressent alors tout à coup au vélo couché. Ils publient des photos de l’engin, et tout de suite, on se pose la question : Mais est-ce vraiment un vélo ?... La pression est telle que l’UCI doit se prononcer lors de son congrès du 3 février 1934.
 
Le commissaire de l’UCI, un certain Rousseau fait valoir que le rôle de l’UCI est de fixer des règles quand à la longueur et la largeur des bicyclettes, et pas de sanctionner leur forme. Les autres membres de l’UCI ne le suivent pas, car bon nombre d’entre eux sont impliqués dans la fabrication de vélos traditionnels. Et c’est ainsi, que par 58 voix contre 46, un règlement extrêmement stricte est voté. Un règlement qui sonne le glas du vélo couché en compétition :
 
 
  • L’axe du pédalier doit se trouver à une hauteur de 24 à 30 cm.
     
    • La selle ne doit pas se trouver à plus de 12 cm en arrière du pédalier
       
      • L’axe de la roue avant doit se situer entre 68 et 75 cm devant celui du pédalier
        •  

       
       
      Procès-verbal de 1934 de l'UCI + définition du vélo officielle de la même époque online :
      A noter que si les vieux documents originaux de l'UCI vous intéressent; à force de coups de fil et de mail à l'UCI durant plus de 2 ans, j'ai réussi à obtenir des photocopies d'un PV ainsi que le fameux règlement qui défini ce qu'est un vélo au sens de l'UCI. Ces document sont online à cette adresse : http://jeanpba.free.fr/Divers/uci_1934.pdf . C'est assez difficile à lire parce que le Scan des photocopies qu'on m'a fourni n'est pas excellent… Mais en s'appliquant on arrive quand même à tout déchiffrer. Et l'on se rend compte que ce qui est dit précédemment dans ce texte, et également sur de nombreux site web consacré au vélos couchés, est tout à fait exact.
       
      La LCR est plus tolérante que l'UCI !
      Ce règlement de l'UCI est encore en vigueur aujourd’hui. Il a figé la définition du vélo depuis plus de soixante ans... Au 21e siècle, il serait peut-être temps de se réveiller... Le vélo, c’est la liberté... Alors pourquoi devrait-on l’enfermer dans un règlement totalement arbitraire... Et bonne nouvelle, la LCR (Loi sur la circulation routière) est beaucoup plus tolérante que L'UCI, et accepte sur la route quasiment n'importe quel VPH…
       
      Les Vélos couchés ont de nombreux avantages sur leurs homologues traditionnels :
       
      • Ils sont beaucoup plus confortable
         
        • Ils sont plus rapide
           
          • leur conception est souvent plus simple
             
            Et même si le 3 février 1934 fut une journée noire pour les vélos couchés on est pas obligé de rester les bras croisés. Pourquoi devrait on continuer à avoir le dos courbé et les fesses endolories... Comme le dit une fameuse marque de vélo couché dans sa pub : " Approuvé par 4 chiropraticiens sur 5... Le 5e n’est pas encore revenu de sa course d’essai... "
             
            La renaissance :
            Heureusement, on commence à redécouvrir les vélos couchés, notamment, grâce à l’IHPVA pour " International Human Power Vehicles Association " un organisme sportif indépendant de l’UCI qui gère les course de vélos couchés sans aucunes autres exigences que la propulsion humaine. De nombreuses compétitions sont organisées dans le monde entier. Même si, l’audience n’est de loin pas la même que celle du cyclisme traditionnel.
             
            Records actuels :
            A titre d’information, le record de l’heure actuel pour un véhicule routier à deux roues est de 83.6 km... Incroyable non ? Quand on compare avec les 49.941 km de Chris Boardmann record actuel des vélos traditionnels...
             
            Par ailleurs, les véhicules à propulsion humaines ne sont pas cantonnés à la route. Il existe aussi des compétitions sur/sous l’eau, et même dans les airs... Et oui, les avions à pédales, ça existe...
             
            Conclusion :
            Ne pensez-vous pas qu'il vaut mieux doper les vélos que les pilotes ?
             
            Pour info, le contenu de ce texte est inspiré ou traduit librement de l'histoire qui a paru dans le magazine américain "Recumbent Cyclist News" http://www.recumbentcyclistnews.com/ il y a quelques années. Mais comme je le dis dans le texte, cette histoire figure aussi sur de nombreux site internet consacrés aux vélos couchés. Sur France HPV par exemple : http://www.ihpva.org/chapters/france/mochetstory.htm ou encore, de façon bien plus complète sur un site du Québec : http://www.velorizontal.com/hommage_mochet.htm
             
             
                                                                                Marc TAUSS     mai 2004